Le statut de bénéficiaire de l'intervention majorée (BIM) représente l'un des principaux leviers de solidarité pour l'accès aux soins de santé en Belgique. Pourtant, de nombreuses personnes qui y auraient droit ignorent son existence ou pensent, à tort, ne pas être concernées.

2,4 M
Belges bénéficient actuellement du statut BIM
21%
de la population belge concernée
28 663€
plafond de revenus annuels pour l'accès sur base des revenus (2026)

Deux voies d'accès au statut BIM

La voie automatique

Le statut BIM est accordé automatiquement, sans démarche active, aux personnes se trouvant dans l'une de ces situations :

  • Bénéficiaire du revenu d'intégration du CPAS ou d'une aide équivalente, pendant 3 mois complets et consécutifs
  • Bénéficiaire de la Garantie de Revenus aux Personnes Âgées (GRAPA)
  • Bénéficiaire d'une allocation octroyée par la Direction Générale Personnes Handicapées
  • Enfant percevant des allocations familiales majorées (handicap physique ou mental d'au moins 66%)
  • Mineur étranger non accompagné (MENA)
  • Orphelin de moins de 25 ans ayant perdu ses deux parents
  • Bénéficiaire d'une allocation pour personnes âgées octroyée par une des trois régions

La voie basée sur les revenus

Le plafond actualisé au 1er mars 2026

Pour les personnes dans une situation particulière (veuf, invalide, pensionné, personne handicapée, chômeur complet depuis au moins un an et trois mois), le statut BIM peut être accordé sur base des revenus bruts imposables annuels du ménage, à condition que ceux-ci ne dépassent pas 28 662,69€, augmenté de 5 306,25€ par membre supplémentaire du ménage.

Source : Parentia, montants en vigueur au 1er mars 2026

Testez votre éligibilité au statut BIM

Un test rapide selon les deux voies d'accès décrites ci-dessus. Seule votre mutuelle peut confirmer votre droit.

Plafond en vigueur au 1er mars 2026 : 28 662,69 € + 5 306,25 € par membre supplémentaire du ménage. Une réforme du statut est annoncée : vérifiez auprès de votre mutuelle.

Ce que le statut BIM change concrètement

Une fois obtenu, ce statut permet de bénéficier de remboursements plus élevés pour de nombreux frais de santé : consultations chez les médecins et psychologues, soins dentaires, frais d'hospitalisation, médicaments, avec un accès facilité au système du tiers payant qui évite d'avancer l'intégralité des frais. Le statut ouvre également droit à des exonérations ou réductions tarifaires sur certains services publics, ainsi qu'à un accès facilité à d'autres aides sociales, dont le tarif social pour l'énergie.

Le tarif social énergie, un avantage chiffrable concrètement

Le statut BIM ouvre automatiquement droit au tarif social pour l'électricité et le gaz, un avantage loin d'être symbolique : selon les estimations de la CREG, ce tarif représentait une réduction moyenne de 53€ sur la facture de gaz et 82€ sur la facture d'électricité sur un seul semestre. Une prime spécifique a même été instaurée pour corriger une inégalité touchant environ 60 000 familles chauffées via une installation collective, auparavant exclues de ce tarif social faute d'être clientes directes d'un fournisseur d'énergie.

Source : CREG, ministre de l'Énergie (2024)

Une réforme controversée en préparation

Le statut BIM fait l'objet d'un débat politique vif en 2026. Un député a souligné que 2,4 millions de Belges bénéficient actuellement du statut, soit 21% de la population, alors que seulement 16,5% de la population est exposée au risque de pauvreté ou d'exclusion sociale selon les chiffres 2025. Ce décalage a conduit à une proposition de loi visant à renforcer le contrôle de l'octroi du statut, en prenant en compte non seulement les revenus mais aussi la "situation matérielle" du ménage (logement, moyens de transport).

En avril 2026, le ministre des Affaires sociales a soumis au gouvernement une proposition de nouveau mode de calcul pour l'octroi du statut, qui pourrait exclure certains ménages actuellement bénéficiaires. Depuis octobre 2024 déjà, la mutualité vérifie les revenus pour l'octroi du droit à l'intervention majorée dans certaines situations spécifiques.

Les arguments des deux camps du débat

Les partisans d'un contrôle renforcé estiment que le système actuel, basé principalement sur les revenus déclarés, ne reflète pas toujours la réalité matérielle des ménages : un patrimoine immobilier ou des moyens de transport coûteux peuvent coexister avec des revenus déclarés modestes, faussant ainsi l'évaluation du besoin réel. À l'inverse, les organisations de défense des patients et plusieurs mutualités mettent en garde contre le risque d'exclure des ménages réellement précaires si les nouveaux critères s'avèrent trop complexes à documenter ou pénalisent des situations légitimes (propriétaire d'un logement modeste mais sans épargne disponible, par exemple).

Comment vérifier votre situation

  • Contactez directement votre mutuelle, qui peut vérifier votre éligibilité sur base de votre situation actuelle
  • Ne présumez jamais d'une inéligibilité sans vérification, notamment si votre situation a récemment changé (perte d'emploi, invalidité, passage à la retraite)
  • Surveillez l'évolution de la réforme annoncée, qui pourrait modifier les critères d'accès dans les mois à venir
  • Signalez tout changement de composition de votre ménage à votre mutuelle, le nombre de personnes à charge influençant directement le plafond de revenus applicable

Une attention particulière pour les chômeurs de longue durée

Un point mérite d'être souligné dans le contexte de la réforme du chômage 2026 : les chômeurs complets depuis au moins un an et trois mois font partie des situations particulières ouvrant droit au BIM sur base des revenus. Pour les personnes récemment exclues du chômage et basculant vers le CPAS ou vers la maladie, il est essentiel de vérifier si cette durée de chômage antérieure, même interrompue par la suite, ouvre un droit qui n'aurait pas été activé automatiquement par les administrations concernées.

Ce que nous apportons

Avec ou sans statut BIM, certains frais restent à votre charge. Notre aide peut couvrir des frais médicaux non remboursés, notamment les suppléments hospitaliers que ni le BIM ni le MAF ne prennent en charge.

Aider Famille propose une aide pour des frais médicaux : une aide financière directe, non remboursable, de 5 000€ à 40 000€ (montant indicatif, selon votre situation et l'examen de votre dossier). Réponse en 48h, en toute confidentialité et sans jugement. Cette aide vient en complément des dispositifs publics, pas à leur place. Déposer un dossier.

En résumé

Le statut BIM reste un levier puissant pour réduire ses frais de santé, accessible automatiquement dans plusieurs situations sociales ou sur base de revenus modestes. Face à la réforme annoncée pour resserrer les critères d'accès, vérifier sa situation actuelle sans tarder reste le meilleur réflexe pour ne pas perdre un droit potentiellement menacé.

Sources et pour aller plus loin

Sources consultées en septembre 2026. Les liens s'ouvrent dans un nouvel onglet.

Des frais médicaux non couverts malgré ou en l'absence du statut BIM ?

Notre aide peut couvrir des frais de santé non pris en charge, que vous bénéficiiez ou non du statut BIM.

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